Il s'agit de l'adaptation en français des chansons écrites par Theodorakis
( ouvrez les lien si vous voulez lire les poèmes ) quand il était en
captivité , des chansons dédiées à Andréas Lentakis , l'un de ses
compagnons en prison . Theodorakis demande de l'aide a Moustaki pour les
traduire en français
On t'a déjà beaucoup menti On te ment encore aujourd'hui Et ce n'est pas fini
Tes amis et tes ennemis T'abreuvent de mensonges De menaces de promesses creuses Mais personne ne dit la simple vérité Amère et nue sans fausse gloire Et sans rêve illusoire Ne les écoute pas car ils ont tous La bouche sèche et dure Ô toi qui vas sans même savoir où tu vas
Ô toi qui vas sans même savoir où tu vas Voici le temps des actes Le temps de ceux qui chantent De ceux qui saignent Ceux qui ont mal Le temps de la réalité
Il est midi et c'est dans le bureau qu'ils frappent Je compte les coups je compte la douleur
Comme une bête emprisonnée dans une cage Aujourd'hui c'est mon tour demain le tien
Ils cognent sur Andréas le soir à la terrasse Je compte les coups et les gouttes de sang
Mais par delà les murs nous parlerons ensemble Tac tac à toi tac tac à moi
Ce qui veut dire dans nos langages de muets Je tiens le coup je tiens encore
Et dans nos coeurs commence la kermesse Tac tac à toi tac tac à moi Tac tac à toi tac tac à moi
Tac tac à toi tac tac à moi Tac tac à toi tac tac à moi
Un grand ciel rouge envahit la cellule Et l'abattoir soudain respire le thym Un grand ciel rouge envahit la cellule Et l'abattoir soudain respire le thym
" On touchait à mon bien propre " dit-il pour expliquer son engagement lors de cette période.
Le point d’orgue de cet engagement est
le travail qu’il réalise avec Mikis Théodorakis en 1970, relaté dans le
documentaire intitulé Nous sommes deux de Robert Manthoulis. On l’y voit travailler avec Mikis Théodorakis à la traduction des Chansons pour Andréas écrites en captivité par ce dernier, où il évoque les séances de torture dont il a été la victime dans les geôles grecques
"Nous sommes deux - Imaste dio" est un documentaire de Robert Manthoulis . Il s'agit d'une série d'extraits des documents musicaux réalisés par Robert Manthoulis pour l'émission À l'affiche du monde.
Il raconte qu'il est venu rencontrer Mikis pour essayer de traduire , d'adapter en français , cette série de chansons écrites par Théodorakis quand il était en captivité , des chansons dédiées à Andréas , l'un de ses compagnons en captivité.
Moustaki raconte que ce travail demande d'une certaine transposition parce qu'il n'y a pas le même vocabulaire , le même langage en français et en grec.
Mikis T. dit ... qu'il croit à la force de la mélodie , la vérité de la mélodie , pour lui toute la musique c'est la mélodie .
L'une des chansons pour Andréas adaptée en français par Moustaki
Retrouvez ci-dessous la chanson accompagnée des paroles interprétée par G. Moustaki, ainsi que le poème que Mikis Théodorakis avait écrit en prison.
Paroles de la chanson "Nous sommes deux"
Nous sommes deux nous sommes deux
Huit heures vont bientôt sonner
Éteins la lampe le gardien frappe
Ce soir ils reviendront nous voir
L'un va devant l'un va devant
Et les autres suivent derrière
Puis le silence et puis voici
La même chanson qui revient
Ils frappent deux ils frappent trois
Ils frappent mille vingt et trois
Tu as mal toi et j'ai mal moi
Qui de nous deux a le plus mal
C'est l'avenir qui le dira
Nous sommes deux nous sommes trois
Nous sommes mille vingt et trois
Avec le temps avec la pluie
Avec le sang qui a séché
Et la douleur qui vit en nous
Qui nous transperce et qui nous cloue
Nous sommes deux nous sommes trois
Nous sommes mille vingt et trois
Avec le temps avec la pluie
Avec le sang qui a séché
Et la douleur qui vit en nous
Qui nous transperce et qui nous cloue
Notre douleur nous guidera
Nous sommes deux nous sommes trois
Nous sommes mille vingt et trois
Nous sommes deux ( Poème de Mikis Théodorakis ) *
*Ce poème était publié sur le site officiel de l'auteur / Actuellement il n'est plus en ligne
Nous sommes deux, nous sommes deux, huit heures ont sonné
éteins la lampe les gardiens frappent, ils reviendront le soir
L’un va devant l’un va devant, les autres suivent
puis le silence et suit alors toujours le même refrain
Ils frappent deux, ils frappent trois, ils frappent mille et treize
tu as mal et moi j’ai mal, qui donc a le plus mal
le temps viendra qui nous le dira.
Nous sommes deux, nous sommes trois, nous sommes mille et treize,
nous chevauchons le temps
avec le temps avec la pluie, le sang se sèche dans les plaies
la douleur un clou perçant.
Justicier, sauveur
nous sommes deux, nous sommes trois, nous sommes mille et treize. http://mikis.grafix.fr/
Théodorakis avait écrit ces chansons en prison . Une fois en France il a continué sa lutte contre la dictature qui vivait la Grèce
, avec la force de sa voix et de ses chansons que Georges Moustaki
avait adaptées pour les faire connaître en français et qui sont devenues
tout un symbole en faveur de la liberté.
On peut écouter dans la 2è partie du film les paroles de Théodorakis "Je suis venu en Europe pour témoigner devant l'opinion internationale (...) Je témoignerai avec la parole , l'action et la musique"
En hommage a Théodorakis décédé à Athènes le 2 septembre 2020 , je reviens sur le thème de sa collaboration avec Georges Moustaki avec une autre vidéo où l'on peut regarder la force de ces deux grands chanteurs et compositeur grecs engagés avec la liberté , travaillant ensemble autour de la chanson "Nous sommes deux".
Ímaste dió est l'une des chansons écrites par Mikis Theodorakis pour un membre éminent de la gauche grecque, Andreas Lentakis (1935-1997), vers la fin des années 1960. À l'époque de la dictature militaire qui a sévi en Grèce pendant sept ans, cette chanson, dont le thème était la torture et l'isolement d'un détenu politique en prison, est devenue un cri de ralliement majeur des groupes politiques de gauche grecs. La chanson figure également dans une comédie de Thanasis Veggos sur les chansons interdites en Grèce à l'époque des généraux.
Nous sommes mille vingt et trois
///////////////////////////////////// Nous sommes deux ( Texte du poème de Mikis Theodorakis )
Nous sommes deux, nous sommes deux, huit heures ont sonné
éteins la lampe les gardiens frappent, ils reviendront le soir
L’un va devant l’un va devant, les autres suivent
puis le silence et suit alors toujours le même refrain
Ils frappent deux, ils frappent trois, ils frappent mille et treize
tu as mal et moi j’ai mal, qui donc a le plus mal
le temps viendra qui nous le dira.
Nous sommes deux, nous sommes trois, nous sommes mille et treize,
nous chevauchons le temps
avec le temps avec la pluie, le sang se sèche dans les plaies
la douleur un clou perçant.
Justicier, sauveur
nous sommes deux, nous sommes trois, nous sommes mille et treize.
http://fr.mikis-theodorakis.net/