6.30.2015

Georges Moustaki - La carte du Tendre (1970)



Titre de l'album "Le Métèque" sorti en 1969

La chanson décrit les étapes de la relation amoureuse sous la forme d'un fleuve, le Tendre , comme dans la Carte de Tendre.

Paroles

Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d'émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S'ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le coeur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d'écueils et de mirages
De l'amour et de ses tourments

Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d'infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C'est le désert de l'habitude
L'ennui y a tout dévasté

Quand la route paraît trop longue
Il y a l'escale du mensonge
L'auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l'on s'enivre d'amertume
L'orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l'on repart à l'infini
Où l'on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l'on peut s'étendre
La terre promise de l'oubli, l'oublie, l'oublie ...

Vidéo 
Chaîne Mlle Juke-box

6.21.2015

Georges Moustaki - Portugal ( 1974 )



Georges Moustaki - Portugal (Fado tropical) Rare archive 1976 Greek TV

Ce titre est extrait de l'album : Le Voyageur Année (1974) 


À propos de la chanson

Il s'agit de l'adaptation de "Fado Tropical " chanson écrite pour la pièce de théâtre Calabar (1973) par Chico Buarque , chanteur , compositeur et écrivain brésilien en collaboration avec le cinéaste Ruy Alexandre Guerra , l'un des réalisateurs importants de la nouvelle vague du cinéma brésilien des années 60 .

Moustaki fait son adaptation en hommage à la Révolution d'avril 1974 au Portugal (Révolution des oeillets ) qui entraîne la chute de la dictature salazariste qui dominait le Portugal depuis 1933.

Paroles

Oh musa do meu fado,
Oh minha mãe gentil,
Te deixo consternado
No primeiro abril.
Mas não sê tão ingrata,
Não esquece quem te amou

E em tua densa mata
Se perdeu e se encontrou.


refrain

À ceux qui ne croient plus voir s’accomplir leur idéal
Dis leur qu’un œillet rouge a fleuri au Portugal 

On crucifie l’Espagne
On torture au Chili
La guerre du Viêt-Nam
Continue dans l’oubli
Aux quatre coins du monde
Des frères ennemis
S’expliquent par les bombes
Par la fureur et le bruit.

refrain

Pour tous les camarades
Pourchassés dans les villes
Enfermés dans les stades
Déportés dans les îles
Ô muse ma compagne
Ne vois-tu rien venir
Je vois comme une flamme
Qui éclaire l’avenir

refrain

Oh musa do meu fado,
Oh minha mãe gentil,
Te deixo consternado
No primeiro abril.
Mas não sê tão ingrata,
Não esquece quem te amou

E em tua densa mata
Se perdeu e se encontrou.



Débouche une bouteille
Prends ton accordéon
Que de bouche à oreille
S’envole ta chanson
Car enfin le soleil
Réchauffe les pétales
De mille fleurs vermeilles
En avril au Portugal

refrain

Et cette fleur nouvelle qui fleurit au Portugal
C’est peut-être la fin d’un empire colonial (bis )

Pour aller plus loin

Cahier d'études romanes
Fado tropical de Chico Buarque et Portugal de Georges Moustaki. De la dictature de Salazar à la Révolution des œillets au PortugalAdriana Coelho-Florent 
Article : Adriana Coelho-Florent
https://etudesromanes.revues.org/
Vidéos
Moustaki
https://www.youtube.com/channel/UCGQjIcQrkX9seD8CKzj7JUQ
Fado Tropical
https://www.youtube.com/channel/UCbSGJ5T4CprfBTfmBnX514g

6.14.2015

MOUSTAKI - Les eaux de Mars


Chanson de Georges Moustaki, traduction de la chanson brésilienne "Águas de Março" écrite en 1972 par Antônio Carlos Jobim . Ce titre est extrait de l'album "Vagabond" (1974)

Paroles

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine,
Un reste de racine, c'est un peu solitaire,
C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil,
C'est la mort, le sommeil, c'est un piège entr'ouvert.

Un arbre millénaire, un noeud dans le bois,
C'est un chien qui aboie, c'est un oiseau dans l'air,
C'est un tronc qui pourrit, c'est la neige qui fond,
Le mystère profond, la promesse de vie.

C'est le souffle du vent au sommet des collines,
C'est une vieille ruine, le vide, le néant,
C'est la pluie qui jacasse, c'est l'averse qui verse
Des torrents d'allégresse, ce sont les eaux de mars.

C'est le pied qui avance, à pas sûr, à pas lent,
C'est la main qui se tend, c'est la pierre qu'on lance,
C'est un trou dans la terre, un chemin qui chemine,
Un reste de racine, c'est un peu solitaire.

C'est un oiseau dans l'air, un oiseau qui se pose,
Le jardin qu'on arrose, une source d'eau claire,
Une écharde, un clou, c'est la fièvre qui monte,
C'est un compte à bon compte, c'est un peu rien du tout.

Un poisson, un geste,  c'est comme du vif argent
C'est tout ce qu'on attend, c'est tout ce qui nous reste,
C'est du bois, c'est un jour le bout du quai,
Un alcool trafiqué, le chemin le plus court.

C'est le cri d'un hibou, un corps ensommeillé,
La voiture rouillée, c'est la boue, c'est la boue.

Un pas, un pont, un crapaud qui coasse,
C'est un chaland qui passe, c'est un bel horizon,
C'est la saison des pluies, c'est la fonte des glaces,
Ce sont les eaux de mars, la promesse de vie.

Une pierre, un bâton, c'est Joseph et c'est Jacques,
Un serpent qui attaque, une entaille au talon,
Un pas, une pierre, un chemin qui chemine,
Un reste de racine, c'est un peu solitaire.

C'est l'hiver qui s'efface, la fin d'une saison,
C'est la neige qui fond, ce sont les eaux de mars,
La promesse de vie, le mystère profond,
Ce sont les eaux de mars dans ton coeur tout au fond.


Vidéo

Chaîne Alain Caumartin

Georges Moustaki & Astor Piazzolla - Le tango de demain (1976)



"Le tango de demain" c'est un titre de l'album de Moustaki "Humblement il est venu" (1975) .

Dans la vidéo accompagné par le bandonéoniste et compositeur argentin Astor Piazzolla (1921-1992) , considéré comme le musicien le plus important de la seconde moitié du XXè siècle pour le tango.

Paroles

Ce soir j'ai retrouvé comme on retrouve , un frère
Le tango né dans les faubourgs , de Buenos Aires
Celui qui va chercher sa sève et ses racines
Dans la peine et la joie du peuple d'Argentine

Je lui prête ma voix il m'offre sa musique
Jaillit de ce pays du sud de l'Amérique
Continent millénaire ou bien havre d'exil
A côté du Chili à deux pas du Brésil
Terre cent fois meurtrie souvent ressuscitée
Où la vie et la mort s'unissent pour chanter
Où l'amour se danse jusqu'au petit matin
Où l'espoir et le deuil sont du même festin

Ce soir j'ai retrouvé un frère du tiers monde
L'Amérique latine et l'Orient se répondent
Le tam-tam la guitare et le bandonéon
Accompagnent l'appel à la révolution

Révolution où tout sera musique enfin
Où n'existeront plus ni la peur ni la faim
Musique qui sera la nouvelle harmonie
D'un monde qui renaît sur un monde fini
Cette musique là je peux déjà l'entendre
Ce cri en même temps si violent et si tendre
Ce chant presque oublié ce tango de demain
Ce soir en l'écoutant je me sens argentin

Vidéo