5.24.2016

Georges Moustaki - Petit Récital TV (1976 ) : 9 chansons


Sans la nommer / Alexandrie / Le facteur / Les eaux de Mars / Le métèque / Le tango de demain (avec Astor Piazzolla) / Chanson-cri / Ma solitude / La philosophie

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Sans la nommer
 
Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle
Comme d'une bien-aimée,
D'une infidèle,
Une fille bien vivante
Qui se réveille
A des lendemains qui chantent
Sous le soleil.
Refrain
C'est elle que l'on matraque,
Que l'on poursuit que l'on traque.
C'est elle qui se soulève,
Qui souffre et se met en grève.
C'est elle qu'on emprisonne,
Qu'on trahit qu'on abandonne,
Qui nous donne envie de vivre,
Qui donne envie de la suivre
Jusqu'au bout, jusqu'au bout.
Je voudrais, sans la nommer,
Lui rendre hommage,
Jolie fleur du mois de mai
Ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée
Sur ses deux jambes
Et qui trame en liberté
Ou bon lui semble.
Refrain
Je voudrais, sans la nommer,
Vous parler d'elle.
Bien-aimée ou mal aimée,
Elle est fidèle
Et si vous voulez
Que je vous la présente,
On l'appelle
REVOLUTION PERMANENTE.
Refrain

Alexandrie

Je vous chante ma nostalgie
Ne riez pas si je rougis
Mes souvenirs n'ont pas vieilli
J'ai toujours le mal du pays

Ça fait pourtant vingt cinq années
Que je vis loin d'où je suis né
Vingt cinq hivers que je remue
Dans ma mémoire encore émue

Le parfum les odeurs les cris
De la cité d'Alexandrie
Le soleil qui brûlait les rues
Où mon enfance a disparu

Le chant la prière à cinq heures
La paix qui nous montait au coeur
L'oignon cru et le plat de fève
Nous semblaient un festin de rêve

La pipe à eau dans les cafés
Et le temps de philosopher
Avec les vieux les fous les sages
Et les étrangers de passage

Arabes Grecs Juifs Italiens
Tous bons Méditerranéens
Tous compagnons du même bord
L'amour et la folie d'abord

Je veux chanter pour tous ceux qui
Ne m'appelaient pas Moustaki
On m'appelait Jo ou Joseph
C'était plus doux c'était plus bref

Amis des rues ou du lycée
Amis du joli temps passé
Nos femmes étaient des gamines
Nos amours étaient clandestines

On apprenait à s'embrasser
On n'en savait jamais assez
Ça fait presqu'une éternité
Que mon enfance m'a quitté

Elle revient comme un fantôme
Elle me ramène en son royaume
Comme si rien n'avait changé
Et que le temps s'était figé

Elle ramène mes seize ans
Elle me les remet au présent
Pardonnez-moi si je radote
Je n'ai pas trouvé l'antidote

Pour guérir de ma nostalgie
Ne riez pas si je rougis
On me comprendra j'en suis sûr
Chacun de nous a sa blessure

Son coin de paradis perdu
Son petit jardin défendu
Le mien s'appelle Alexandrie
Et c'est là-bas loin de Paris.

Le facteur
 
Le jeune facteur est mort
Il n'avait que 17 ans

L'amour ne peut plus voyager,
il a perdu son messager

C'est lui qui venait chaque jour
Les bras chargés de tous mes mots d'amour
C'est lui qui portait dans ses mains
La fleur d'amour cueillie dans ton jardin

Il est parti, dans le ciel bleu
Comme un oiseau enfin libre et heureux
Et quand son âme l'a quitté
Un rossignol quelque part a chanté

Je t'aime autant que je t'aimais
mais je ne peu le dire désormais
Il a emporté avec lui
Les derniers mots que je t'avais écrit

Il n'ira plus sur les chemins
Fleuris de rose et de jasmin
Qui mènent jusqu'à ta maison

L'amour ne peut plus voyager
Il a perdu son messager
Et mon coeur est comme en prison

Il est parti l'adolescent
Qui t'apportait mes joies et mes tourments
L'hiver a tué le printemps
Tout est fini pour nous deux maintenant  


Les eaux de mars
 
Un pas, une pierre, un chemin qui chemine,
Un reste de racine, c'est un peu solitaire,
C'est un éclat de verre, c'est la vie, le soleil,
C'est la mort, le sommeil, c'est un piège entr'ouvert.
Un arbre millénaire, un noeud dans le bois,
C'est un chien qui aboie, c'est un oiseau dans l'air,
C'est un tronc qui pourrit, c'est la neige qui fond,
Le mystère profond, la promesse de vie.
C'est le souffle du vent au sommet des collines,
C'est une vieille ruine, le vide, le néant,
C'est la pluie qui jacasse, c'est l'averse qui verse
Des torrents d'allégresse, ce sont les eaux de mars.
C'est le pied qui avance, à pas sûr, à pas lent,
C'est la main qui se tend, c'est la pierre qu'on lance,
C'est un trou dans la terre, un chemin qui chemine,
Un reste de racine, c'est un peu solitaire.
C'est un oiseau dans l'air, un oiseau qui se pose,
Le jardin qu'on arrose, une source d'eau claire,
Une écharde, un clou, c'est la fièvre qui monte,
C'est un compte à bon compte, c'est un peu rien du tout.
Un poisson, un geste,  c'est comme du vif argent
C'est tout ce qu'on attend, c'est tout ce qui nous reste,
C'est du bois, c'est un jour le bout du quai,
Un alcool trafiqué, le chemin le plus court.
C'est le cri d'un hibou, un corps ensommeillé,
La voiture rouillée, c'est la boue, c'est la boue.
Un pas, un pont, un crapaud qui coasse,
C'est un chaland qui passe, c'est un bel horizon,
C'est la saison des pluies, c'est la fonte des glaces,
Ce sont les eaux de mars, la promesse de vie.
Une pierre, un bâton, c'est Joseph et c'est Jacques,
Un serpent qui attaque, une entaille au talon,
Un pas, une pierre, un chemin qui chemine,
Un reste de racine, c'est un peu solitaire.
C'est l'hiver qui s'efface, la fin d'une saison,
C'est la neige qui fond, ce sont les eaux de mars,
La promesse de vie, le mystère profond,
Ce sont les eaux de mars dans ton coeur tout au fond.

Le Métèque

Avec ma gueule de métèque,
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents,
Avec mes yeux tout délavés
Qui me donnent l'air de rêver,
Moi qui ne rêve plus souvent,
Avec mes mains de maraudeur,
de musicien et de rôdeur
Qui ont pillé tant de jardins,
Avec ma bouche qui a bu,
Qui a embrassé et mordu
Sans jamais assouvir sa faim...
Avec ma gueule de métèque,
De Juif errant, de pâtre grec,
De voleur et de vagabond,
Avec ma peau qui s'est frottée
Au soleil de tous les étés
Et tout ce qui portait jupon,
Avec mon coeur qui a su faire
Souffrir autant qu'il a souffert
Sans pour cela faire d'histoires,
Avec mon âme qui n'a plus
La moindre chance de salut
Pour éviter le purgatoire...
Avec ma gueule de métèque,
De Juif errant, de pâtre grec
Et mes cheveux aux quatre vents,
Je viendrai, ma douce captive,
Mon âme sœur, ma source vive,
Je viendrai boire tes vingt ans
Et je serai Prince de sang,
Rêveur ou bien adolescent,
Comme il te plaira de choisir;
Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d'amour
Que nous vivrons à en mourir.
Et nous ferons de chaque jour
Toute une éternité d'amour
Que nous vivrons à en mourir. 

Le tango de demain (avec Astor Piazzolla )
 
Ce soir j'ai retrouvé comme on retrouve , un frère
Le tango né dans les faubourgs , de Buenos Aires
Celui qui va chercher sa sève et ses racines
Dans la peine et la joie du peuple d'Argentine
Je lui prête ma voix il m'offre sa musique
Jaillit de ce pays du sud de l'Amérique
Continent millénaire ou bien havre d'exil
A côté du Chili à deux pas du Brésil
Terre cent fois meurtrie souvent ressuscitée
Où la vie et la mort s'unissent pour chanter
Où l'amour se danse jusqu'au petit matin
Où l'espoir et le deuil sont du même festin
Ce soir j'ai retrouvé un frère du tiers monde
L'Amérique latine et l'Orient se répondent
Le tam-tam la guitare et le bandonéon
Accompagnent l'appel à la révolution
Révolution où tout sera musique enfin
Où n'existeront plus ni la peur ni la faim
Musique qui sera la nouvelle harmonie
D'un monde qui renaît sur un monde fini
Cette musique là je peux déjà l'entendre
Ce cri en même temps si violent et si tendre
Ce chant presque oublié ce tango de demain
Ce soir en l'écoutant je me sens argentin

Chanson cri
 
Je veux que ma chanson soit comme un cri d'alarme
Entre un air à la mode et un chanteur de charme
Et même si je ne chante pas assez fort
Qu'on veuille m'écouter trois minutes encore

Quand on entend parler des femmes que l'on viole
Pour beaucoup d'entre nous ça reste des paroles
On discute on s'indigne on ferme le journal
Puis on finit par trouver ça presque normal

Hier j'ai rencontré une de ces victimes
Pour la police c'est affaire de routine
Et pour les autres ce n'est guère qu'une histoire
Moi j'ai vu la détresse au fond de son regard

J'ai lavé son corps couvert de sperme et de sang
L'individu était presque un adolescent
Très vite il a fait ça sans amour ni plaisir
Il paraît qu'il a pleuré avant de s'enfuir

Mon Dieu qu'avons-nous fait pour en arriver là
Que faut-il faire pour arrêter tout cela
Ma tête se révolte et mon cœur est meurtri
Et j'ai eu mal pour elle et j'ai honte pour lui

Mais qui d'entre nous n'a jamais violé quelqu'un
Pour ne parler que de ces petits viols mesquins
Qui font partie de notre vie de tous les jours
Et abreuvant de larmes notre soif d'amour

La puissance l'argent la force et le mépris
L'autorité du père et celle du mari
La rigueur imbécile des fauteurs de l'ordre
Qui créer les enragés qu'il empêche de mordre

Car ce sont nos enfants qu'on appelle la pègre
Gauchistes blousons noirs drogués et autres nègres
Tous ceux qui pour survivre cherchent à rêver
Ceux qui cherchent la plage au-dessous des pavés

Et si je viens chanter à la télévision
Dans le cadre établi de la consommation
Avec l'approbation du prince et de la cour
Ne va pas croire que c'est pour faire un discours

Ce n'est pas non plus pour te convaincre ou te plaire
Où chanter les idées qui sont déjà dans l'air
Mais c'est pour demander un aujourd'hui meilleur
En faisant simplement mon métier de chanteur

Je dis que le bateau prend l'eau de tout coté
Il est temps qu'on essaye de le colmater
Victime ou criminel les deux sont concernés
Et s'il y a un coupable on est tous condamnés 

Ma solitude
 
Pour avoir si souvent dormi
avec ma solitude
Je m'en suis fait presque une amie
une douce habitude
Elle ne me quitte pas d'un pas
fidèle comme une ombre
Elle m'a suivi çà et là
aux quatre coins du monde
Non , je ne suis jamais seul avec ma solitude
Quand elle est au creux de mon lit
elle prend toute la place
Et nous passons de longues nuits
tous les deux face à face
Je ne sais vraiment pas jusqu’où
ira cette complice
Faudra-t-il que j'y prenne goût
ou que je réagisse
Non , je ne suis jamais seul avec ma solitude
Par elle j'ai autant appris
que j'ai versé de larmes
Si parfois je la répudie
jamais elle ne désarme
Et si je préfère l'amour
d'une autre courtisane
Elle sera à mon dernier jour
ma dernière compagne
Non , je ne suis jamais seul avec ma solitude
Non , je ne suis jamais seul avec ma solitude

La philosophie

C'est une jolie bande de joyeux fêtards
Qui se couchent à l'aurore et se lèvent très tard,
Ne pensant qu'à aimer ou jouer de la guitare.
Ils n'ont dans la vie que cette philosophie :

Refrain
Nous avons toute la vie pour nous amuser,
Nous avons toute la mort pour nous reposer.
Nous avons toute la vie pour nous amuser,
Nous avons toute la mort pour nous reposer.

Ils ne font rien de plus que fêter chaque instant,
Saluer la pleine lune, célébrer le printemps,
Si bien qu'pour travailler ils n'ont plus guère le temps.
Ils n'ont dans la vie que cette philosophie :

Refrain

Et je me reconnais en eux assez souvent.
Comme eux, je gaspille ma vie à tous les vents
Et je me dis qu'ils sont mes frères ou mes enfants.
Ils n'ont dans la vie que cette philosophie :

Refrain

S'ils passent parmi vous, regardez-les bien vivre
Et, comme eux, soyez fous, et comme eux, soyez ivres,
Car leur seule folie, c'est vouloir être libres.
Ils n'ont dans la vie que cette philosophie :

Refrain

Ils vieilliront aussi qu'ils restent ce qu'ils sont,
Des viveurs d'utopie aux étranges façons,
Des amants, des poètes, des faiseurs de chansons.
Ils n'ont dans la vie que cette philosophie :

Refrain

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Vidéo

Chaîne : Georges Moustaki International Fan Club

4 commentaires:

José Luis a dit…

Me encanta, no conocía este concierto. Gracias y saludos desde España - José Luis Fernández

Mª José a dit…



Gracias a ti , José Luis , cada vez encuentro menos videos

Un saludo ( también desde España )

José Luis a dit…

Huy, desde España, es verdad!! (Quise decir desde Extremadura, sorry)
Yo vi un vídeo, no sé si lo tendrás subido en tu blog, en el que Marina Rosell fue a visitarle, ya muy enfermo, hará unos tres años.
Lo bueno de Moustaki es que, al menos a mí, no me importa ver los vídeos una y otra vez, me ayudan a observar los ángulos de la sociedad desde su misma perspectiva tierna y conciliadora, pero sin perder nunca la actitud reivindicativa.
Nosotros le dedicamos un pequeño cuento que me ayudó a descubrir tu blog y en el que te enlazamos:
http://blogfotocuentos.blogspot.com.es/2013/05/el-acuarelista.html
Gracias, de nuevo, por tu blog. Saludos (desde Extremadura, ahora sí :o)

Mª José a dit…


Hola José Luis

Sí que tengo el video en el blog , es la última entrevista concedida por Moustaki para ayudar a promocionar el trajo de su amiga Marina en el que canta a Moustaki .

Yo he seguido la trayectoria de Moustaki desde siempre ...

Muchas gracias por dejarme el enlace que visitaré con muchismo gusto

Gracias siempre a ti . Saludos desde Galicia :)